Le Community Manager doit mourir

[learn_more caption="Résumé de l'article"] L’exemple d’une artiste qui utilise le Crowd sourcing lors de son processus créatif Vers une nouvelle stratégie des marques/artistes/sociétés ? Les réseaux sociaux sont aujourd’hui mal exploités Le community manager doit mourir [facebook] [retweet] [/learn_more] [dropcap style="font-size: 40px; color: #9b9b9b;"] I [/dropcap]mogen Heap est une compositrice de talent. Ses albums, qu’ils [...]

[learn_more caption="Résumé de l'article"]

  • L’exemple d’une artiste qui utilise le Crowd sourcing lors de son processus créatif
  • Vers une nouvelle stratégie des marques/artistes/sociétés ?
  • Les réseaux sociaux sont aujourd’hui mal exploités
  • Le community manager doit mourir

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[dropcap style="font-size: 40px; color: #9b9b9b;"] I [/dropcap]mogen Heap est une compositrice de talent. Ses albums, qu’ils soient sous son propre nom ou sous celui de Frou-Frou, possèdent quelque chose d’absolument unique.

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On pensera notamment au fabuleux Hide and Seek ou à Let Go.

Il y a encore 3 ans, Immy (pour les intimes) gardait le contact personnellement avec sa communauté via sa page MySpace.

Elle avait beau ajouter une touche personnelle à cette page, son utilisation était globalement très uni-directionnelle ou «broadcasting». Elle utilisait MySpace pour donner de la visibilité à ses musiques, pour promouvoir un nouvel album.

Mais le processus créatif de la jeune femme a pris une toute nouvelle tournure depuis qu’elle se trouve sur Twitter.

Non seulement elle gère personnellement son compte Twitter la plus grande partie du temps (en offrant des photos de son quotidien et de ses concerts de manière assez fréquente), mais elle prend maintenant l’avis de sa communauté pendant la création de ses albums.

Ainsi, Imogen Heap donne à écouter des morceaux de chansons avec deux versions du refrain pour savoir celui qui plaît le plus à la grande masse de ses lecteurs .

Qui a dit que l’art ne pouvait pas faire de crowd sourcing ?

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Twitter est la plateforme parfaite..
pour avoir des feedbacks immédiats sur à peu près tout (tant que vous avez une base de followers assez importante). Ainsi, ces sondages instantanés vous permettent parfois de trouver le meilleur restaurant chinois de Lille, le modèle d’appareil photo que vous devez choisir, ou bien vous donner une idée d’article de blog à écrire. Pourquoi faire un choix quand vous pouvez le donner aux autres et vous ranger ensuite à la réponse qui aura eu le plus grand nombre de voix ?

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Le processus créatif de Imogen Heap est ainsi sérieusement à creuser puisqu’il représente, selon moi, l’avenir de la création.

Je vais prendre l’exemple de QuanticDream (société de jeux vidéo qui a réalisé les excellents Nomad Soul, Fahrenheit et Heavy Rain).

Le processus derrière la création d’un jeu vidéo passionne énormément de monde. Et si une société comme QuanticDream décidait d’utiliser les réseaux sociaux pour prendre le pouls de sa communauté, cela donnerait énormément de valeur ajoutée à la création du jeu.

Cela peut être des questions comme l’apparence d’un personnage à choisir entre 2-3 dessins, des idées sur la trame générale de l’histoire, des envies de gamers plus larges avec des questions comme : «Si vous étiez dans cette situation, comment réagiriez-vous ?». Cela permettrait de mettre à contribution la créativité de milliers de personnes pour aider à la création d’une nouvelle expérience pour le joueur.

 

Au niveau des avantages, cela donnerait l’impression au joueur qu’il participe vraiment à la création du jeu. Il deviendra donc un acheteur à coup sûr et peut être même un ambassadeur de choix qui viendra apporter une publicité autour de lui (et si quelques blogueurs très lus s’associent au projet, la réussite sera assurée).

 

Mais il y a évidemment de gros freins à ce que cela se réalise.

Tout d’abord, la création (que ce soit film, jeux vidéo, roman, etc.) est souvent voulue secrète. QuanticDreams veut surprendre les joueurs et le fait d’avoir dévoilé trop d’éléments avant la sortie du jeu semble être une manière de gâcher le fun. Personnellement, je ne pense pas que ce soit le cas, vous avez toujours des moyens d’avoir le fun gâché avant l’achat d’un jeu (vous voulez souvent lire le test avant de vous décider à l’acheter, vous discutez avec un autre joueur, vous regardez une bande-annonce qui en dit un peu trop). Mais ce qu’il faut surtout garder en tête, c’est que ce «désagrément» est largement compensé par l’apport que représente la participation à un projet tel que celui-là.

 

Pourtant, les réseaux sociaux sont généralement assez mal utilisés par les marques qui ne vont pas assez loin dans leurs stratégies.

On l’a souvent dit, et caractérisé de la sorte, le compte Twitter d’une marque est souvent tenu par un stagiaire que l’on affuble du nom de «community manager».

Et même, si j’ai un conseil à donner aux grandes sociétés, ne donnez pas cette tâche à un community manager (aussi bon soit-il).

Ne donnez pas non plus votre compte Twitter à votre service de communication… personne ne veut lire des tweets qui seraient écrits par les mêmes personnes qui rédigent vos communiqués de presse.

Rien ne vaut la parole directe de l’un des créateurs du projet. Imogen Heap l’a bien compris, elle est en contact direct avec sa communauté et s’exprime et reçoit en direct les messages. Elle ne passe pas par un intermédiaire.

 

Pour QuanticDream, ce serait avoir David Cage qui enverrait un tweet à vingt-trois heures alors qu’il est en train de se préparer une nuit blanche à rédiger le scénario de son nouveau jeu. Et cela ne réduit pas le processus créatif des personnes à l’origine du projet (puisque vous n’avez pas d’obligations morales à suivre toutes les idées qui vous sont soumises) mais il est parfois bon d’avoir toujours une base d’utilisateurs prêts à vous donner leur opinion de jour comme de nuit.

 

Un projet comme We Are Producteurs (dont je vous avais parlé comme étant le Social Cinema d’après Luc Besson) a parfaitement compris les enjeux du crowd sourcing.

En pratique, la réalisation de ce projet n’est pas idéale… EuropaCorp expérimente et n’a pas encore trouvé la bonne formule.

Le fait est que le choix de créer une sorte de mini «réseau sociaux» (davantage un forum) pour fédérer les discussions était une fausse bonne idée.

Il est pratique puisque les discussions sont facilement collectées pour être synthétisées et reportées aux chefs du projet. Mais cela place pour moi des barrières. Sur un forum, les nouveaux venus hésitent à participer puisqu’il y a une sorte de hiérarchie qui s’est formé et la personne aux 3000 messages qui participe depuis le début à acquis une sorte de légitimité.

Lorsque vous commencez à suivre le compte Twitter ou que vous devenez fan d’un projet, il vous est par contre beaucoup plus simple de prendre la parole.

Au final, la manière de communiquer de WeAreProducteurs est trop formelle. Ils donnent le liens sur Twitter vers des annonces rédigées avec soin.

Pour que le projet fonctionne totalement il faudrait que Luc Besson s’adresse de manière totalement informelle aux lecteurs, qu’il réagisse aux messages, qu’il entre dans la conversation.

 

Les réseaux sociaux sont ainsi souvent mal utilisés.

Comme je le disais, certaines personnes sont dans le broadcasting… ils délivrent un message sans vraiment essayer de comprendre les mécaniques des réseaux sociaux qu’ils utilisent.

Ils mettent un lien sur Twitter vers leur communiqué de presse ou pire, vers leur publication sur Facebook. Et si quelqu’un a le malheur de poser une question, d’interpeller la marque… silence radio.

La puissance des réseaux sociaux, celle qui a permis à des marques/causes/messages d’atteindre un impact sans précédent n’est pas un canal publicitaire que l’on utilise comme l’on fait du Google Adwords. Ce n’est pas un canal publicitaire du tout en réalité. C’est un canal de communication… et si vous l’utilisez à bon escient, il pourra être très bénéfique pour une marque ou un projet.

 

Le community manager doit donc mourir pour laisser sa place aux véritables décideurs : qu’ils soient artistes ou chefs de projet. La personne présente sur les réseaux sociaux ne doit pas être quelqu’un qui a discuté avec une personne qui a été en contact avec la marque…

Des gens comme Imogen Heap, ou plus près de nous Eric Dupin, arrivent à gérer respectivement 1.500 000 et 70.000 followers tout en arrivant à garder un échange sain : je ne veux donc plus jamais communiquer avec une marque mais avec l’un de ses représentants emblématiques.

Le pouvoir d’une communauté, ce n’est pas de partager votre message… c’est de l’enrichir.

 


  • http://twitter.com/mygreg greg.

    je

  • Alix Boye

    La reflexion est intéressante mais elle ne colle qu’à certains cas de figure. Quid des entreprises, sociétés qui souhaitent mettre en place un échange, un mode de communication avec ses clients, utilisateurs, consommateurs (users) mais n’a ni personnalités emblématique, ni visage connu du grand public… n’ont-elles plus le droit de s’exprimer sur twitter?

  • http://www.tribords.com Simon

    Ben c’est marrant c’est exactement ce de quoi on cause avec mon camarade client en ce moment pour voir dans quelle mesure impliquer les équipes pour donner une véritable touche personnelle à la page Facebook … C’est très compliqué parce qu’il faut savoir convaincre les gens que ce qu’ils ont à dire est intéressant. Mettre en valeur le travail d’une équipe par quelques mots, une photo : la matière humaine ! :)

  • Anonyme

    Je ne prétend absolument pas que cet article s’adapte à 100% des sociétés ! Et surtout, mon propos est de dire qu’il faut laisser la parole aux chefs de projets, aux décideurs… cela est possible dans une entreprise où il n’y a pas de figure emblématique. Ils ont beau être « inconnu », ils représenteront la marque avec plus de sincérité que s’il s’agissait d’une personne de l’agence de presse par exemple.

  • Anonyme

    Ton commentaire est moins pire que ce que je pensais :p
    Surtout en commençant par « putassier ».
    Mais oui, je suis totalement d’accord avec toi… un conseiller social media est nécessaire pour former à l’utilisation des réseaux sociaux.

  • Anonyme

    Totalement d’accord avec toi… ce n’est pas évident et cela demande un travail de formation. Comme le dit Greg ci-dessous, il faudrait un conseiller social media pour s’occuper de formations.

  • http://toomuchcurious.posterous.com/ sosso

    Intéressant ton article, mise à part son titre :)
    Je dirais plutôt comme Greg, « le stagiaire CM doit mourir »….ou le blogueur soi-disant influenceur CM doit mourir »…et j’en passe d’autres.
    Il est très clair, que l’artiste, le créateur ou le producteur sait toujours parler de sa musique, de son art ou de son film. Mais est ce qu’il sait bien le faire ?
    Sait il utiliser les bons outils ?
    Est ce que le « ton » est bon ?
    Et surtout est qu’ils ont le temps ? L’envie ?
    Je suis d’accord avec toi sur le principe, nous devons leur laisser un temps de parole, mais pas à 100 %. On en revient toujours à la même chose, les personnes qui communiquent, les CM doivent être à 100 % conquis et investis dans le projet. Je donnerais un conseil au recruteur : « au lieu de recruter des personnes qui ne connaissent pas votre marque, votre produit, regardez autour de vous, dans votre boîte, il y a toujours un membre du support, du service client, de la com° qui connait par coeur le produit et qui s’est manié les réseaux sociaux en étant habile sur le web.
    Ce que je veux dire par là, comme tu l’expliques, il y a de plus en plus de CM qui ne savent pas de quoi ils parlent et n’ont aucune attache avec la marque, le produit, le service….mais ce que je voudrais souligner, c’est qu’il ne faut pas les tuer, il faut mieux les trouver…C’est comme l’amour ;) c’est toujours sous notre nez…

  • Anonyme

    Pas toujours évident de trouver le bon titre… entres autres, j’avais aussi : « Community manager : le travail parfait pour un PDG » ou « Crowd Sourced Life ».
    Mais merci pour le compliment en tout cas :)

    Et surtout merci pour le complément d’information… ton point de vue est très intéressant. Je suis totalement d’accord sur le fait qu’il faudrait parfois chercher dans sa propre équipe à trouver le community manager qui se cache chez les employés ;)

  • Noemie

    L’exemple de la production d’un jeu vidéo est peut-être pas le meilleur… les beta et les patchs, ça n’est pas seulement de la correction de bugs :)

  • Anonyme

    Pourquoi ce ne serait pas le meilleur exemple ? :)
    Puisque je prenais ici l’exemple pour la grande trame de l’histoire, des éléments de jeu que l’on aimerait avoir…
    Et au final, il ne faut pas oublier que la société garde tout contrôle, prendre l’avis ne veut pas dire le suivre forcément.
    Ou alors on s’est mal compris ?

  • Noemie

    Je trouve que c’est justement un des secteurs, surtout par rapport au cinéma ou à la musique que tu cites également, qui tient déjà compte de l’avis de la communauté (plus ou moins, on est d’accord, et la décision finale reste en effet entre les mains de l’éditeur)

  • Anonyme

    Ah okay, j’avais mal saisi le sens de ton premier commentaire :)
    Je suis donc d’accord avec toi… mais j’avoue que j’avais envie de parler de David Cage et de ses jeux géniaux :)

  • http://twitter.com/PMBFlow Florian Torres

    Article et point de vue intéressant, tout comme les commentaires du dessus.
    Je suis complètement d’accord avec le fait que la « com » sur les réseaux devrait être fait par quelqu’un qui agit à l’intérieur de la boîte.
    Quand je vois les comptes twitter de certaines boîtes où on sent clairement que le mec derrière fait de la com’ pour faire de la com’, je ne vois pas réellement ce que ça pourrait apporter de bon sur le long terme à part de faire bien comprendre à sa communauté qu’on la prend pour un pigeon. Au final on se retrouve avec une fausse interaction, un échange de plus en plus stérile et l’objectif premier qui est de partager et de se créer une communauté solide, est à mon sens, complètement factice.

    En tout cas ça tombe à pic, un client cette semaine m’a dis qu’il s’intéressait de plus en plus aux réseaux sociaux car il savait que son coeur de cible l’utilisait naturellement, il m’a donc demandé si je pouvais m’en charger et je lui ais répondu qu’il valait mieux qu’il utilise son argent pour en filer un peu plus à un de ses employés qui serait capable de le faire, quitte à ce que je le « forme » sur l’utilisation de ces réseaux.
    Ca me fera donc un avis supplémentaire à lui faire lire.

  • Anonyme

    Merci @twitter-237774917:disqus pour le compliment et ton retour d’expérience :)

    Il faudra que tu nous racontes la réaction de ton client… je suis curieux de connaître la suite de l’histoire.

  • http://twitter.com/PMBFlow Florian Torres

    @Vaelentin:disqus voici donc comme promis quelques retours.
    A la lecture de ton article, le client s’est reconnu dans la dernière partie, si il devait utiliser twitter ou facebook lui même pour sa société il se serait contenté de lier les deux ensembles et de faire de la communication formel façon communiqué de presse sans mettre son sel dedans.

    Le problème pour lui ( et d’autres boites en général ), c’est que c’est encore nouveau pour eux, ils percoivent ça comme un « gadget » ou un phénomène de mode et ne sont pas conscients de ce que cela pourrait leur apporter. Créer, partager et se dévoiler pour recevoir ensuite, cela va à l’encontre de tout ce qu’ils ont l’habitude de faire habituellement pour vendre leurs produits.

    N’ayant pas compris le principe, mais sachant qu’il devait utiliser ces moyens de communications, il était alors évident pour lui qu’il devait embaucher quelqu’un comme un CM pour faire le boulot à sa place … sans même penser à son image.

    Le principal problème qu’il a soulevé c’est que l’information sur ces réseaux est soit destinée aux personnes qui connaissent déjà le système ( les cm, les bloggueurs, les utilisateurs ) et que les infos plus accessibles se contentent de survoler le principe ou de le présenter comme un simple partage d’humeurs et de photos et non pas comme un outil « pro », ou alors avec des pourcentages et des chiffres qui intéressent certainement les gros comptes mais pas les petites PME qui se noient dedans.

    Bref, je vais arrêter le pavé ici, on pourrait en discuter des heures :)
    Les CM ne sont pas prêt de disparaître, mais il y a quelque chose à faire au niveau de la sensibilisation à ces outils pour essayer de limiter l’utilisation de la com’ communiqué de presse :p

    En tout les cas c’est un sujet très intéressant.

  • http://twitter.com/ChDESHAYES Christophe DESHAYES

    « Tuer » le community management, quelle bonne idée. Allez, c’est bientôt le 14 juillet… 

  • Anonyme

    Je ne veux pas le tuer à proprement parler ;) Le vrai bon community manager existe et il mérite de vivre ;)  

  • Muanasionna

    bonjour
    je suis dans cette situation.Mon patron veut me former pour devenir CM de la boite
    des conseils de ta part m aideront
    Merci

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