Deezer, Spotify : bilan sur l’évolution de la musique en ligne

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- Deezer a révolutionné le monde de la musique en ligne (nouvelle alternative au téléchargement illégal)
- Pourtant il était difficile pour Deezer d’apporter un modèle payant
- Une évolution dans la consommation du web apportée par Apple et Spotify amène les circonstances favorables à un modèle Premium
- Deezer revient sur le devant de la scène beaucoup plus fort qu’auparavant
- Découverte de la version Premium+ de Deezer
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Repensons un instant à l’état du marché de la musique en 2007.
Deezer est le premier site français qui a permis une écoute légale et gratuite de musique en ligne. En effet, il a trouvé un accord légal avec la SACEM.
C’est donc tout naturellement que Deezer a eu très vite le vent en poupe… d’autres alternatives légales vont voir le jour, mais n’auront pas l’impact de Deezer (pensons par exemple à Jiwa qui est aujourd’hui en liquidation judiciaire).
Mais ouvrir la voie n’est pas sans danger : Deezer a dû payer les pots cassés comme tous bons précurseurs qui se respectent.
Replongeons-nous juste avant le lancement de Deezer, lorsque le téléchargement illégal vivait son apogée.
Vous voulez écouter le dernier album de Muse ? Vous n’avez que 2 alternatives. Aller acheter le CD à la Fnac ou le télécharger sur emule. L’un cher et contraignant, l’autre facile et gratuit.
La peur de la répression existe, mais la seule alternative se trouve dans l’achat à 15-20€ du disque en question. Donc le téléchargement illégal était une évidence.
Lorsque Deezer & ses confrères sont arrivés avec leurs offres d’écoute légale et gratuite, certaines études ont vu un recul du nombre de téléchargements illégaux (Source : Infos-du-net & GfK).
Plutôt que d’acheter le disque ou de vous mettre dans l’illégalité… l’écouter sur une plateforme comme Deezer est une très bonne alternative. Ce qui explique probablement son succès dès l’ouverture.
Tout nous laisse à penser qu’une partie des utilisateurs de Deezer étaient des personnes qui téléchargeaient illégalement auparavant, et pour qui le streaming légal avait ces mêmes avantages de simplicité et de gratuité.
Ce qui nous amène au plus grand problème que Deezer ait connu : sa monétisation.
Si les personnes ont freiné sur le téléchargement illégal pour l’écoute en streaming, ce n’est pas pour avoir à payer ensuite.
Toute tentative de monétisation à l’abonnement semblait vouée à l’échec et il ne restait donc plus que la publicité.
En 2009, 99,9% des revenus du site provenaient des publicités, soit 6 millions d’euros. (Source)
Deezer n’avait pas la solution pour rendre la monétisation par abonnement viable.
Mais en 2008, Spotify arriva.
Pendant un premier temps, la plateforme proposa sa musique gratuitement, sans aucune publicité. Son client desktop séduit un grand nombre de personnes. Et le fait même d’avoir installé ce client sur son ordinateur, va amener une forte fidélisation.
Un certain nombre de personnes ont basculé de Deezer vers Spotify assez rapidement (j’en ai fait partie et de nombreuses connaissances ont fait de même).
Spotify atteint les 7 millions d’utilisateurs en 2010 alors que Deezer en est à 10 millions. Le nouveau venu a très vite réussi à se mettre à niveau.
Bien évidemment, la publicité fit son apparition sur Spotify (toutes les 30 minutes pendant 15 secondes) mais la firme suédoise a immédiatement proposé des abonnements payants pour se défaire de la publicité.
On pourrait penser ici que cette offre payante de Spotify va tomber à l’eau pour les mêmes raisons que Deezer. Pourtant Spotify a amené un petit quelque chose qui changea la donne.
Une application iPhone uniquement disponible à ses abonnés payants qui permet d’écouter sa musique en streaming depuis son mobile et même de la télécharger pour une écoute hors-ligne. Si la chose peut paraître évidente aujoud’hui, les premières vidéos de cette application ont immédiatement amené un très grand intérêt.
Spotity a ensuite très rapidement étendu l’utilisation de cette application à de nombreux modèles de téléphone portable.
C’était proposer d’avoir les avantages du téléchargement (avec une écoute offline sur le desktop et son téléphone portable) tout en ayant les avantages du streaming. Tout cela en toute légalité… mais sans la gratuité.
Il faut tout de même préciser que la chose n’aurait probablement jamais été possible en 2007 lorsque Deezer a vu le jour. La gratuité était une donnée très importante à ce moment là.
Mais pour reprendre la comparaison de Chris Anderson (dans son fameux article “The Web is dead”), le téléchargement illégal est une relique de l’adolescence de l’internet : nous avions plus de temps que d’argent.
Aujourd’hui nous avons moins de temps que d’argent à dépenser sur Internet. L’achat de service web comme celui de Spotify ou Deezer n’aurait pas été possible en 2007. Mais aujourd’hui, l’AppStore et autres Android Market nous ont habitué à payer pour du contenu.
Nous ne voulons plus attendre que la discographie complète de Metallica soit téléchargée sur notre ordinateur, nous la voulons tout de suite… et nous acceptons de payer un petit frais mensuel pour cela.
Il ne faut donc pas oublier que Spotify a eu un rôle déterminant dans l’évolution du marché de la musique. Elle lui a donné un nouvel élan, tout en lui trouvant un business model viable. Et dans ce cas, Spotify ne serait pas le principal concurrent de Deezer, mais l’une de ses principales aides.
Pour en revenir à Deezer
Si Deezer a été en retard sur ce point là, il propose aujourd’hui une expérience aussi satisfaisante que Spotify. Leur application iPhone est un cran en deça de la qualité de celle de la firme suédoise, mais suffit amplement. Et si on ajoute la qualité de leur nouvelle version desktop et la création d’une très bonne application spécialement pour l’iPad, Deezer a su rattraper son retard.
Mais maintenant que Spotify a occupé ce rôle et a permis de faire avancer le monde de la musique en ligne, est-il appelé à disparaître ?
Rien, à proprement parler, laisse envisager ce fait. Pourtant, Deezer est bien plus solide que Spotify… et a encore renforcé cette solidité dernièrement.
On l’a vu, les internautes ne sont pas les personnes les plus fidèles quand il s’agit de services musicaux. Ils ont abandonné le téléchargement, puis ils ont papilloné entre Deezer/Jiwa/… avant de partir éventuellement sur Spotify.
Aujourd’hui, le retour à Deezer semble une alternative tout à fait possible.
Si l’abonnement avait été innenvisageable il y a quelques années, des sociétés comme Apple ou Spotify ont amené les circonstances favorables à ce mode de consommation.
Et pourquoi Deezer serait plus solide que Spotify ? Tout simplement suite au dernier rapprochement qui s’est effectué entre Deezer et Orange.
Aujourd’hui, lorsque vous souscrivez un abonnement pour téléphone portable chez Orange (l’Origami Star pour être plus précis), l’abonnement Premium+ de Deezer peut être choisi comme option gratuite (à la place de la télé par exemple).
De quoi booster sérieusement le monde de la musique en ligne dans ce nouvel essort amorcé grâce à Spotify.
Deezer Premium+
Pour finir, comme je viens d’avoir la Premium+ grâce à mon abonnement chez Orange, je vous propose un petit tour de ce “nouveau” Deezer que j’ai découvert.
Le site web : pour ceux qui n’y seraient pas retournés récemment, le site Deezer.com a pris un sérieux coup de jeune il y a quelques mois. Et le petit (ou gros) bonheur d’avoir la version Premium, c’est d’avoir un site web sans aucune publicité.
L’application mobile : précisons qu’il existe des version pour Samsung, Android, Sony Ericsson, Blackberry de l’application Deezer. Pourtant je n’ai pu tester que la version iPhone. Donc je peux dire que celle-ci est de bonne facture. Elle reste tout de même un petit cran en dessous de celle pour Spotify. Du moins je la trouve moins jolie et fonctionnelle. Prenons par exemple le fait que lorsque vous sélectionnez les pistes pour créer une playlist, le bouton “Ajouter à ma playlist” se met au dessus de la dernière piste sans qu’il soit possible de l’atteindre (sauf en étant très rapide). Pour le reste, c’est du tout bon (même si une mise à jour pour avoir le Retina display pourrait être appréciable).
La fonctionnalité la plus appréciable : le téléchargement des pistes en offline pour l’écouter n’importe où (présent aussi sur le desktop et iPad)
L’application desktop : développée en Adobe Air, cette application pourra s’installer sur toutes machines (Windows, MacOS & Linux). On y retrouve toutes les fonctionnalités du site web dans une interface ressemblant très fortement au client Spotify
Là aussi, 2 ou 3 petites déceptions… mais rien de très grave. Par exemple, lorsque l’on clique sur le “+” pour ajouter une chanson à une playlist, il est possible de l’ajouter à une playlist déjà existante mais impossible d’en créer une depuis là. Bref, ce sont des détails, mais ce sont des détails qui font que l’application n’est pas conçue de manière optimale.
L’application iPad : très similaire à cette dernière application desktop, est vraiment très bien foutue. Et là Deezer devance Spotify. Tout fait que cette application est très fonctionnelle et permet d’écouter de la musique très simplement. Vous pouvez d’ailleurs la tester gratuitement (avec une écoute limitée à 30 secondes pour les pistes et illimitée pour les web radio).
A noter qu’il est possible de profiter de toutes les avantages de la version Premium+ gratuitement, pendant une période d’essai de 15 jours. Pour cela, il suffit de suivre ce lien et de se créer un compte.
Et vous, qu’utilisez-vous pour écouter de la musique ?







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