
Je suis un grand lecteur de Wired, et je ne peux m’empêcher de partager avec vous cet article que j’ai traduit et adapté pour vous. « Don’t work all the time – You’ll live to regret it » par Clive Thompson paru dans le magazine Wired US du mois d’Août 2009 et qui a trouvé une certaine résonance avec mes idées actuelles.
Dans cette période de crise économique, consacrer davantage de temps à travailler semble être devenu une stratégie populaire pour booster vos revenus. Voilà qui est bien dommage.
Se concentrer largement sur son travail est le meilleur chemin pour se retrouver malheureux en bout de course. C’est un professeur de commerce de l’université de Columbia, Ran Kivetz, qui a récemment mené une série d’expériences pour identifier un paradoxe dans notre comportement : Faire le « bon » choix et donner la priorité à nos responsabilités plutôt qu’à un court moment de plaisir … va tout simplement nous rendre malheureux au final (ou moins heureux).
Lorsque vous sacrifiez vos vacances pour travailler d’avantage et avoir les moyens de vous payer ce nouveau MacBook Pro pour remplacer un ordinateur vieillissant – évidemment, vous vous féliciterez pour le résultat de vos efforts une semaine ou deux. Mais plus le temps passera, et plus vous regretterez votre geste et vous souhaiterez avoir passé plus de temps à vous reposer et à vous amuser.
Le mot qui désigne cela est l’hypermétropie : une vision qui est excessivement bonne de loin et qui vous empêche de voir certains éléments qui sont juste à côté de vous.

Dans une étude qui date de 2006, Kivetz a demandé aux sujets de son analyse de penser à un instant de la semaine dernière où ils avaient dû choisir entre travailler et se faire plaisir. Puis il leur a demandé d’évaluer combien ils regrettent leur décision aujourd’hui.
Le nombre de personne qui regrettaient avoir travaillé étaient très proche du nombre de personnes qui regrettaient s’être reposé. Mais lorsqu’il a demandé à un deuxième groupe de penser à un moment similaire 5 ans plus tôt. Cette fois, les personnes qui regrettaient avoir travaillé était plus de deux fois plus important que ceux qui regrettaient s’être amusé.
Il semblerait que, dans un futur proche, nous regretterons de n’avoir pas été d’avantage épicurien.
Pourquoi ? Parce qu’il semblerait que, pendant que nous pensons être en train de préparer le futur en travaillant, nous oublions qu’être satisfait de sa vie, c’est aussi avoir passé des moments de plaisirs simples et s’être tout simplement amusé un après-midi loin des tâches quotidiennes.
« Lorsque vous pensez votre vie en la regardant d’un peu plus loin », dit Kivetz, « vous aurez le sentiment d’avoir raté des plaisirs de la vie. »
C’est aussi la manière de guérir de l’hypermétropie : penser à la manière dont on percevra cette décision dans le futur.
Dans une étude publiée en Décembre dernier (dans le Journal of Marketing Research, article appelé « Remedying Hyperopia: The Effects of Self-Control Regret on Consumer Behavior), Kivetz a demandé à un groupe de personnes de réfléchir et de mesurer combien ils regrettent une décision prise 5 ans plus tôt en faveur du travail plutôt que du plaisir immédiat. Les sujets de cette étude ont tous montré des regrets.
Et quand il leur a été proposé une récompense pour la participation à cette étude : presque tous ont choisi du chocolat plutôt que de l’argent.
Kivetz ne suggère pas d’arrêter d’agir comme des adultes responsables. Mais la prochaine fois que vous aurez à choisir entre aller au travail ou les prévenir que vous êtes malade pour vous joindre à un groupe d’amis pour un voyage de trois jours à Londres… méditez un peu : Imaginez-vous dans 10 ans, à regarder la décision prise ce jour-là. Quel choix vous fera vous sentir heureux à ce moment là ?





