Trust me : l’autre histoire sur les grands Trusts

Je suis une personne qui a tendance à détester les idées reçues et les lieux communs. Et lorsque quelque chose semble être acquis et intégré par tout le monde, j’essaye de questionner cette vérité pour en avoir une vision plus globale.
C’est comme cela que j’ai eu une révélation il y a quelques temps, l’une de celles que l’on a en se frappant le crâne sur la chasse d’eau. « Nom de Zeus. »
J’ai toujours vécu dans cette idée que les Trust étaient une mauvaise chose. Et c’est pour cela que les lois anti-trust sont faites… pour éviter qu’une entreprise s’ impose en monopole et rende toute concurrence impossible.
Un bel exemple ?
Microsoft.
Les charges qui sont retenues contre Microsoft ?
Après avoir réussi à populariser son système d’exploitation Windows sur une écrasante majorité d’ordinateurs, la firme qui avait également développé la suite bureautique Office (Word – Excel – Powerpoint) ainsi que le navigateur Internet Explorer a installé ses logiciels sur tous les ordinateurs commercialisés avec Windows.
Le résultat ?
Des millions de personnes qui ne jurent que par le sacro-saint powerpoint et qui utilisent le mot Word comme étant le synonyme de « fichier de traitement de texte ».
C’est une pratique qui est considérée comme anti-concurrentielle, un abus de position dominante qui a valu à Microsoft d’être poursuivi pour infraction au Sherman Act en 1991, mais aussi par la Commission européenne en 2004.

Ne pas avoir le choix, se voir imposer l’utilisation de certains logiciels alors que des alternatives existent, c’est une affreuse atteinte à la liberté de chacun… bla-bla-bla…
C’est là où j’ai eu cet instant « Nom de Zeus » où j’ai compris que, si j’avais été à la place de Microsoft, j’aurais fait exactement la même chose.
Petite mise en situation simplifiée.
Vous êtes étudiant. Avec votre meilleur ami, vous passez tout votre temps libre à discuter d’un projet commun : vous voulez changer le monde des ordinateurs.
Quelques années plus tard, à force de persister, vous proposez un système d’exploitation révolutionnaire qui rencontre un succès phénoménal.
Vous êtes récompensé de vos efforts puisqu’une grande majorité des ordinateurs est équipée de votre produit. Vous gagnez énormément d’argent.
Vous avez des équipes de développeurs avec qui vous proposez de nouveaux logiciels. On va dire… « au hasard » : un navigateur internet, un traitement de texte, ce genre de choses.
Évidemment, vous décidez de le proposer à toutes les personnes qui utilisent votre système d’exploitation. Quoi de plus normal ?
Et quelques années plus tard, lorsqu’il y a eu de la concurrence… vous avez continué à proposer votre traitement de texte, quoi de plus normal également ?
En réalité, si vous avez le choix entre mettre en avant un concurrent, et mettre en avant un autre de vos produits, qu’est-ce qui semble le plus évident ?
C’est un peu l’histoire de Microsoft (avec de nombreuses libertés et simplifications). Si vous aviez créé un produit aussi populaire que Windows… vous auriez forcément proposé Word comme traitement de texte. A la fois parce qu’il s’agissait d’abord du meilleur choix, puis ensuite parce qu’il s’agissait du choix le plus logique.
Pré-installer un logiciel de traitement de texte est une évidence : lorsque vous allumez votre ordinateur, vous voulez qu’ils puissent être utilisé immédiatement… sans devoir installer tous les logiciels.
C’est pourquoi les personnes qui proposent que les ordinateurs Windows soient vendus sans traitement de texte (pour que les personnes puissent faire leur choix), n’est pas réaliste. Pour des questions de simplicité d’utilisation !
Ce n’est pas non plus dans la nature des sociétés de mettre en avant la concurrence.
C’est pourquoi blâmer les méchantes trusts est un peu la solution de facilité. Je vous assure… il y a de grandes chances que vous fassiez la même chose.





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