
Internet, parfois, c’est pour toi + moi + eux + tout ce qui le veulent.
Enfin vous connaissez la chanson.
L’histoire d’un artiste français qui voit son premier album produit par des internautes. Et il est vrai que Internet permet de nombreuses choses : des personnes ont eu la chance de s’exprimer et se dévoiler au grand public, des sites internet décident de mettre la solidarité au cœur de leurs préoccupations, des rêves de démocratie participative renaissent, etc.
Alors dans ces cas là, certaines personnes s’émerveillent du pouvoir d’Internet : il est vu comme un moyen de réduire les inégalités dans le monde, une chance d’aider son prochain…
Mais si Internet peut être présenté comme une sorte de messie binaire, certaines personnes veulent le diaboliser. Regardez encore très récemment ce gamin en Allemagne qui est arrivé avec des armes dans son collège et qui a tué 15 personnes avant de se suicider. Devinez quoi ? Il avait parlé de son geste sur Internet la veille !
On peut trouver les déclarations suivantes de la chancelière allemande Angela Merkel sur l’AFP :
La chancelière déclare « appartenir à ceux qui réfléchissent toujours » au problème des vidéos violentes qui circulent sur internet. « Toujours plaider pour la liberté d’internet, cela ne va pas nous aider« , a-t-elle relevé.
Et en regardant sur un autre article de l’AFP, on peut lire ceci :
L’adolescent, qui s’est suicidé au terme d’une randonnée meurtrière qui avait débuté dans son ancien collège du sud-ouest de l’Allemagne où il avait abattu au pistolet neuf écoliers et trois enseignantes, participait régulièrement à des forums de discussions sur internet, où il avait notamment recours au pseudonyme « JawsPredator1″.
Vous n’avez pas l’impression que l’on essaye de nous montrer une relation de cause à effet ? Ce « participait régulièrement [...] où il avait notamment recours [...] qui pourrait tout aussi bien faire partie de la phrase :
« Il participait régulièrement à des rituels satanistes où il avait notamment recours à la torture ».
Et l’AFP titre joyeusement son article « Allemagne : le tueur jouait à un jeu vidéo de combat avant le massacre« . Parce que notre adolescent allemand cumulait. Il jouait régulièrement à Far Cry 2 en plus de passer du temps sur Internet. Cela ne pouvait en faire qu’un meurtrier.
Cette peur d’internet ou cette incompréhension des nouvelles technologies que manifestent certains médias ou politiques est assez consternante.
Dans leur bouche, Internet est le lieu de toutes les perversions et si un réseau pédophile utilise Internet, le discours est tourné de telle manière que c’est le canal de diffusion que l’on va blâmer en premier et non les pédophiles.
Encore un exemple, cet article hilarant paru sur le site MarieClaire.fr où l’on retrouve les phrases :
Internet ? Ils maîtrisent dix fois mieux que nous… sans toujours en évaluer les dangers. Et peuvent facilement se retrouver en train de fabriquer une bombe ou de chatter avec un pédophile.
Ou encore le fabuleux :
2 % seulement pensent que leurs enfants ont été abordés en ligne par un inconnu, alors que c’est bel et bien arrivé à 27 % d’entre eux.
C’est quoi aborder en ligne ? Si c’est discuter avec quelqu’un que l’on ne connaît pas sur un forum… c’est vrai que ça semble hautement dangereux. Il ne faut pas se moquer de nous.
J’ai juste envie de rappeler que, avant Internet, il y avait déjà des pédophiles… ils s’y prenaient juste autrement, en attendant à la sortie des écoles par exemple. Et il y avait aussi des gens qui tuaient avant Internet, il y a juste que s’ils préméditaient leur geste : c’était à l’oral ou dans une lettre déposée sur un bureau.
Internet n’est pas la cause de tous ces maux. Déjà dans les années 1970 un étudiant avait tué des élèves après avoir lu un livre de Stephen King. Et ce n’est pas pour autant que l’on a remis la lecture en cause.
Les polémiques actuelles ne sont que l’adaptation de ces maux à notre monde connecté.
Si Internet peut sembler constituer une menace tout comme être la solution vers une nouvelle ère d’égalité et de solidarité : il ne faut pas oublier que Internet est surtout le reflet de notre société.
Un reflet dans ce qu’elle a de meilleure comme de ce qu’elle a de pire. Alors si Internet peut permettre de mettre en place de grandes actions de solidarité, il peut aussi amener un pédophile à enlever un enfant.
Internet n’est qu’un outil très puissant de communication et d’information.
Internet n’est que ce l’on fait de lui.





